C’est arrivé un 27 mars.

mercredi 27 mars

Dompter le Nil a toujours été le grand rêve de l’Egypte. Dès la préhistoire, l’immense oasis longiligne du fleuve traversant le désert attire un peuple qui fait éclore, en l’espace de quelques générations, une civilisation extraordinairement avancée et complexe. Pour le réaliser, tout les maîtres du pays ont concentrés leurs efforts sur la Nubie, région frontalière où les eaux du fleuve devaient franchir de longs passages rocheux, les fameuses cataractes. Il y a 39 siècles déjà, les ingénieurs des pharaons tentaient d’exploiter les crues du Nil grâce à une retenue bâtie à Semna, près de la deuxième cataracte. Bien après eux, au début du XXème siècle, les britanniques érigèrent en 1902 un barrage au Sud d’Assouan près de la première cataracte. Pour le président Nasser, arrivé au pouvoir en 1952, l’essor économique de l’Egypte devait passer par la maîtrise totale des eaux du Nil.

Timbre - Le Nil, Fleuve Mythique traversant l'Egypte.

Sa solution : la construction un peu en amont d’un nouveau barrage à Assouan, plus grand et plus haut que le précédent. Afin de financer cette gigantesque digue de 111 mètres de hauteur et de 3,6 kilomètres de longueur qui nécessitera seize fois plus de matériaux que la grande pyramide, Nasser choisit alors de nationaliser le canal de Suez alors sous contrôle européen. Cette nationalisation dont l’objectif était de financer le barrage par les revenus tirés du passage des pétroliers donnera lieu à la Crise du canal de Suez. En pleine guerre froide et afin de construire cet ouvrage colossal les égyptiens devront donc se tourner vers l’aide financière et technique de l’Urss.

Timbre - Le Haut Barrage d'Assouan.

Le 27 mars 1948, le roi Farouk pose la première pierre pour la construction du haut barrage d’Assouan destiné à protéger les populations alentours des crues du Nil, en Egypte. La construction du barrage d’Assouan ou Sadd el-Ali, de son nom égyptien ne démarrera finalement qu’en 1960 pour des travaux qui dureront 11 ans. On parle en Égypte du haut barrage (Aswan High Dam), car à Assouan il existait déjà un barrage achevé en 1902 (Old Aswan Dam ou Aswan Low Dam) et surélevé en 1933, à l’époque de la domination britannique qui s’était imposée en 1882. Ces deux barrages ont irrémédiablement modifié la topographie de cette région, berceau de la culture nubienne. Le haut barrage sera inauguré le 15 janvier 1971, par le président égyptien Anouar al-Sadate et le président soviétique Nikolaï Viktorovitch Podgorny. Quant à l’ancien barrage sont utilité est aujourd’hui réduite à la production d’électricité et à la régulation du “haut barrage” lors des périodes de fortes crues.

Timbres - le Nil et le Grand barrage d'Assouan, en Égypte.

La chose n’avait pas échappé à l’oeil averti d’Hérodote : L’Egypte est un don du Nil, écrivait l’historien grec il y a 2500 ans. Sans ses eaux providentielles, l’Egypte des pharaons n’aurait probablement jamais vu le jour. Elle n’aurait assurément pas eu le rayonnement qu’on lui connaît. Car le fleuve est bien plus qu’une voie de communication, un lieu de déplacement et d’échanges, il est aussi une ressource en eau vitale dans cette région aride, peu propice à la vie. Avec la construction de cet ouvrage pharaonique qu’est le grand barrage d’Assouan, l’Égypte à gagné une protection totale contre les humeurs inégales du Nil, ses crues parfois meurtrières et les dramatiques années de sécheresse. La fabuleuse réserve d’eau créée (165 milliards de mètres cubes), soit l’équivalent de deux crues du Nil doit lui permettre l’irrigation massive des terres agricoles et une production d’énergie électrique couvrant un quart de la consommation nationale. Mais ce rêve à un prix. La construction du haut barrage va entraîner la formation d’un immense lac de retenue, long de 500 kilomètres et à 183 mètres au-dessus du niveau de la mer. En Egypte comme au Soudan des centaines de villages seront engloutis sous les eaux, obligeant 90 000 personnes à quitter leurs terres. Le projet signera aussi la perte définitive de nombreux sites archéologiques Nubiens, jusqu’à la deuxième cataracte.

 Timbres - L'Egypte et le haut-barrage d'Assouan sur le Nil.

Tout sépare le Nil des autres fleuves et le rend si singulier : son orientation méridienne, son débit plutôt faible à l’embouchure égale celui du Rhône malgré son long cours (plus de 6000km) et surtout, son parcours accidenté à nul autre pareil. Né à plus de 1000 mètres d’altitude dans les forêts luxuriantes du Rwanda, le petit ruisseau qu’il est alors va grossir et recevoir un confluent venu d’Ethiopie, avant de parcourir l’Égypte. C’est de par de multiples soubresauts entre chutes, hauts plateaux, plaines marécageuses, sans compter le désert, qu’il entame son interminable descente vers la mer.

Timbres - Le Barrage d'Assouan un atout économique pour l'Egypte.

Aujourd’hui les nombreux barrages construits sur le Nil apportent un profond changement dans le paysage et l’environnement. Ces constructions ont certes permis de développer de nouveaux espaces cultivables et d’allonger le calendrier agricole, mais elles ont des effets secondaires. Le débit du Nil s’en trouve ainsi affecté et de gros volumes d’eau stocké dans les réservoirs s’évaporent : de 10 à 16 km cube d’eau s’évaporent chaque année au niveau du lac Nasser, en amont du barrage d’Assouan, soit le quart du volume qui y arrive. Les barrages sont aussi de formidables pièges à sédiments et nutriments qui s’accumulent dans les réservoirs diminuant ainsi leurs capacités de stockages et les rives du fleuve et du delta ne sont plus fertilisés par le limon noir arrachés aux hautes-terres éthiopiennes durant la saison des pluies. Le Delta qui est ainsi moins alimenté, régresse. Les côtes reculent en moyenne de 5 à 8 mètres par an, voire de plusieurs dizaines de mètres localement Plus inquiétant encore, les faibles apports sédimentaires ne parviennent plus à compenser la montée du niveau de la mer due au réchauffement climatique et de nombreuses régions côtières pourraient disparaître à l’échelle de quelques décennies.

Timbres - La sauvegarde des monuments de Nubie. Timbres - Le sauvetage des monuments de Nubie par l'Unesco.

Le 8 mars 1960, trois mois après le début du chantier l’Unesco lançait un appel international pour sauver les temples de Nubie, menacés d’êtres engloutis sous les eaux du haut barrage d’Assouan, assorti d’une campagne de souscription. Or, ces temples, qui furent taillés par la main de l’homme dans une montagne de grès dur, 13 siècles avant J.-C. appartiennent aux grands triomphes architecturaux de l’art pharaonique. En pleine guerre froide, plus de 50 pays répondent “présents” et 26 millions de dollars US sont récoltés.

Timbres - Temple de Philae (ou le temple d'Isis).

La logique de protection était double : il s’agissait d’une part d’effectuer ce qui ne s’appelait pas encore des “fouilles de sauvetage” sur des dizaines de sites archéologiques qui seraient engloutis sous les eaux du Nil et dont le potentiel scientifique allait être perdu ; d’autre part, de démonter et déplacer vingt et un monuments, dont six jugés majeurs : Philæ, Kalabcha, Ouadi es-Seboua, Dakka, Derr et le fameux sanctuaire de Ramsès II à Abou-Simbel. Le lac Nasser, né des eaux du hauts barrage, devait mettre quatre ans à se remplir. C’est donc une véritable course contre la montre qui s’engageait. Une liste de 22 temples à sauver est établi : tous resteront en Nubie, mais ils seront démontés et déplacés sur des sites plus élevés, à l’abri des eaux, en respectant leur orientation d’origine par rapport au soleil et au cours du fleuve.

Timbres - Le temple de Philae. Timbres - Le temple d'Isis à Philæ sauvé des eaux

En amont de la cataracte, l’île de Philae fut l’un des sanctuaires les plus importants de l’époque des Ptolémées (330-30 av JC.) On y célébrait le culte d’Isis jusqu’au milieu du IVème siècle après JC. Tout comme le temple de Dendara consacré à la déesse Hathor, la construction du temple de Philae a débuté sous le règne de Nectanébo 1er (378-361), pour s’achever sous la domination romaine. Le temple fut sauvé des eaux lors de la construction du barrage d’Assouan. Entre 1972 et 1980, ses ruines furent démontées pierre par pierre et transplantées 20 m plus haut sur l’île voisine d’Agilkia. Impressionnant temple de Ramsès III, dernier grand roi du Nouvel Empire, ses hautes colonnes qui émergent parmi la végétation de l’île sont décorés des offrandes faites par le roi aux divinités. Il demeure aujourd’hui le temple le mieux conservé d’Égypte.

Timbre - Le sauvetage des temples égyptiens d'Abou Simbel. Timbres - En Egypte, Ramsès II sauvé des eaux par l'Unesco

Voués aussi bien au culte d’Amon qu’à la déification de Ramsès II et de sa femme Néfertari le Grand et le Petit Temple d’Abou Simbel étaient selon certains égyptologues destinés à apaiser les débordements du fleuve. L’un des colosses royaux mesure 16 coudées, la hauteur idéale d’une crue selon les textes anciens. Menacé par la construction du haut barrage d’Assouan il fut démonté pour pouvoir être sauvé des eaux et préservé. Son découpage spectaculaire en un puzzle géant de 1 050 blocs numérotés et sa reconstruction quelque 65 mètres plus haut, dans un site reconstitué pour l’accueillir en 1963, ont coûté 240 millions de dollars et mobilisé 3 000 personnes. Un travail colossal qui dura quatre ans. Mais le résultat est phénoménal. Il surplombe désormais le Lac Nasser.

Timbres - Le sauvetage des temples égyptiens d'Abou Simbel .

Construit il y a plus de 3 000 ans, sous le Nouvel Empire, à l’époque de la XIXème dynastie, le Grand Temple d’Abou Simbel est de dimensions colossales. Il a 33 mètres de haut, 38 mètres de large et plus de soixante mètres de profondeur. Les plans des temples avaient été tracés sous Séti Ier, mais ce fut Ramsès II qui les fit réaliser dans toute leur splendeur pendant son règne, qui dura 67 ans, de 1300 à 1233 avant JC. A la façade de ce véritable trésor de l’époque pharaonique sont adossées quatre statues colossales de Ramsès II. En plus des statues de Ramsès II et de sa famille, on retrouve les principaux dieux du panthéon égyptien, Amon, Horus, Osiris, Hathor, Maat.

Timbres - Les temples de Nubie : le grand temple d'Abou Simbel.

En Égypte comme au Soudan, les chantiers de fouilles ouvert pour ce sauvetage d’envergure ont livré une masse de documents et de renseignements de première importance sur les civilisations qui ont prospéré dans cette partie de la vallée du Nil, élargissant et parfois même renouvelant les connaissances acquises sur le passé lointain de la Nubie. Les trésors de la Nubie reposent désormais au Musée archéologique de Khartoum et au musée de la Nubie à Assouan. On y découvre notamment les pièces issues des fouilles du temple de Gerf Hussein, consacré à Ramsès II, et celui d’Abou Oda, construit par le roi Horemheb au XIVème siècle avant JC. qui n’ont pu être sauvés, pour des raisons techniques et financières. En gage de reconnaissance, le gouvernement égyptien donna quatre petits temples aux pays les plus actifs pendant les opérations de sauvetage : la chapelle d’Ellesiya à l’Italie (Musée égyptien de Turin), le temple de Debod à l’Espagne ( parc de Madrid), le temple de Dendour aux Etats-Unis(Metropolitan Museum de New-York), le temple de Reffa aux Pays-Bas (Rijskmuseum de Leyde). La porte ptolémaïque de Kalabcha et qui fut attribué à la RFA, se trouve désormais au musée de Berlin.





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