C’est arrivé un 10 juin.

lundi 10 juin

Oradour, souviens-toi - remember. Fin mai 1944, l’état major allemand à Berlin s’alarme de la situation dans le sud-ouest de la France et recommande “une puissante riposte avec des forces suffisantes”. A Montauban, la 2ème division blindée S.S. "Das Reich", “unité d’élite”, spécialement équipée et formée pour la lutte contre les “partisans” et qui a subi de lourdes pertes sur le front de l’Est est en cours de réorganisation et s’apprête à intervenir. Le général Heinz Lammerding qui la commande depuis le 25 janvier promet qu’au 15 juin “la zone sera pacifiée”. Au matin du 6 juin 1944, une formidable armada alliée de 6400 navires croise au large de la Normandie. A 6h du matin commence la plus gigantesque opération militaire jamais mise en place : l’opération Overlord. Dès le jour J, les résistants français exécutent les plans de sabotage prévus par les alliés et intensifient les actions de sabotage et de harcèlement des garnisons allemandes. Dans toute la France des milliers d’hommes rejoignent les Forces françaises de l’intérieur (FFI) et les maquis pour prendre part aux combats libérateurs.

Projet non retenu du timbre-poste Résistance de 1947 - Raoul Serres.

La résistance intérieure intensifie ses actions, laissant mûrir l’espoir d’une libération prochaine. L’occupant nazi mobilise sans délai les troupes du IIIe Reich stationnées dans le sud-ouest de la France qui reçoivent l’ordre de rejoindre la Normandie pour neutraliser l’audacieuse tentative, tout en réduisant, voire en éliminant sur leur passage l’emprise des forces de la Résistance.

Timbres - L'armée allemande du 3ème Reich.

2ème division blindée S.S. "Das Reich". A l’est, cette division était en première ligne de la stratégie de la “terre brûlée”, qui consistait à détruire les villages et terroriser la population pour sécuriser le passage des troupes. Elle est composée de 18000 hommes appuyés par des blindés légers et des chars. Placée sous l’autorité du très expérimenté général Von Brodowski, elle a pour ordre de multiplier les fouilles dans les villages de la région afin de détecter les caches d’armes et d’arrêter les résistants. La nouvelle du débarquement des troupes alliées en Normandie réaffecte la division, qui a pour nouvelle consigne de rejoindre les côtes normandes au plus vite. La colonne de l’horreur est en marche. Le 7 juin, dans le centre de la France les maquis engagent la bataille et prennent Tulle, Guéret, Argenton. Dans cette première ville les combats cessent le lendemain après-midi. Les accrochages se multiplient, surtout en Corrèze et près de Saint-Junien. Dans la soirée, alors que les maquisards se sont retirés, des détachements de la division S.S. "Das Reich" qui remontent vers le front normand pénètrent dans Tulle et en ferment tout accès. Celle-ci va se livrer à de terribles représailles sur la population civile. A l’aube du 9 juin tous les quartiers de la ville sont fouillés et pillés par les SS qui procèdent à l’exécution par pendaison de 99 personnes innocentes, puis à la déportation dans des camps de concentration de 149 personnes (dont 101 ne reviendront jamais).

Timbre - Martyrs de Tulle.

Le 9 juin 1944, à Tulle, les “terroristes” seront “pendus” (et non fusillés), pour les discriminer et qu’ils soient exclus de la communauté du peuple français. Le groupe de reconnaissance qui commet, le massacre de Tulle, et deux régiments de Panzergrenadier, investissent la région de Limoges pour préparer le positionnement de la division dans le secteur afin de réduire les maquis. Durant ces 2 derniers jours de nombreux accrochages ont lieu entre maquisards et soldats allemands, conduisant à la capture, à la tombée de la nuit du 9 juin, sur le bord de la route de Guéret à Limoges du commandant SS Helmut Kämpfe, responsable de nombreuses exactions et à Nieul, village proche d’Oradour du sous-officier SS de la “Das Reich”, le lieutenant Karl Gerlach. Le 10 juin au matin, soit quatre jours après le Jour J, à l’hôtel de la gare de Saint-Junien se tient une réunion. Le major SS Dickmann, le lieutenant Kliss et quatre miliciens mettent au point l’expédition qui aura lieu quelques heures plus tard ; la cible est choisie : Oradour-sur-Glane. Dès lors, les auteurs de ce crime n’auront de cesse d’avancer l’enlèvement d’un officier supérieur du régiment SS “Der Führer” pour justifier l’opération sur Oradour. L’argument ayant l’avantage de faire passer les SS pour les agressés.

Infographie - Le déroulement du massacre d'Oradour-sur-Glane.Déroulé du massacre d’Oradour sur Glane par la 2ème division blindée S.S. "Das Reich" par @copyright Figaro.fr et Centre de la mémoire d’Oradour.

Le 1er bataillon du 4e régiment de Panzergrenadier Der Führer, à la sinistre réputation et commandée par le Sturmbannführer Adolf Dickmann, est cantonné autour de Saint-Junien, à 12 km d’Oradour. Vers 13h30, deux colonnes quittent Saint-Junien. Trois sections de la 3e compagnie, auxquelles il fait ajouter la section de commandement de la compagnie et celle du bataillon, soit un total d’environ 200 hommes munis d’armes légères et une section de mitrailleuses lourdes, se dirigent vers le village d’Oradour l’encercle et le boucle en début d’après-midi. C’est un samedi, jour de distribution de tabac et il y a foule au village. Cette paisible bourgade, qui vit à l’écart des événements liés à l’occupation allemande (pas de présence militaire et de résistants) se caractérisait alors par un commerce actif en centre-bourg et des exploitations agricoles prospères aux alentours. Dans les premières années de la guerre, sa population a presque doublé, en raison de l’arrivée de réfugiés alsaciens, d’expulsés lorrains, de travailleurs espagnols et probablement de quelques juifs ayant fui la zone occupée limitrophe. Immédiatement, les soldats du régiment Waffen-SS Der Führer, ratissent les maisons prétendant rechercher une cache d’armes et rassemblent la population. Les SS agissent dans le calme et la population s’exécute. Méthodiquement et sous le prétexte d’une vérification d’identité, deux groupes sont formés sur la place centrale du village : les hommes d’un côté, femmes et enfants de l’autre.

Timbre - Oradour sur Glane 10 Juin 1944.

Un peu avant 15h00, le regroupement est terminé. Après une heure d’attente, les SS déclarent qu’il y a « beaucoup de charges » contre la population locale, afin de justifier le massacre à venir. 246 femmes et 207 enfants sont alors dirigés vers l’église Saint-Martin où ils sont enfermés et une lourde caisse munie de mèches est installée dans la nef, près du chœur. Les hommes sont quant à eux répartis dans 5 granges pleines de foin, auparavant choisies par les Allemands pour leur unique sortie sur la rue pendant que des mitrailleuses tiennent en joue les otages. Sans aucune justification le massacre commence. Les cordons ayant été allumés, le feu fut communiqué à l’engin explosif et une forte explosion se produisit. Le clocher est soufflé et le feu ravage l’édifice. Une épaisse fumée noire et suffocante se dégage et des cris s’élèvent du choeur.

Timbre - Mitrailleurs de la division d'élite de la Wehrmacht Waffen-SS.

Le crépitement sourd des mitrailleuses en batterie devant les lieux de rétention des hommes se déclenche au même moment. Dans l’église, les survivants sont achevés à la grenade et par balles par les SS. Les corps seront ensuite recouverts de paille, de foin et de fagots auxquels les SS mettent le feu. Leur forfait accompli, les SS pillent le village et achèvent de l’incendier. Les atrocités commises par les soldats allemands dépassent tout entendement. Les impotents sont brûlés vifs chez eux, des enfants sont abattus, le boulanger et sa femme seront même retrouvés dans leur four. Les SS s’emploient alors à effacer les traces du massacre. Ils jettent les corps dans les brasiers et les puits. Puis la compagnie quitte Oradour pour Nieul ou un campement les attends. En 3 heures, les soldats de la 2ème division SS « Das Reich » transforment Oradour sur Glane en « village martyr » et le paisible village est transformé en un charnier en flamme. A leur départ, vers 22h, il ne reste que des ruines fumantes dans lesquelles flotte une épouvantable odeur.

Projet non retenu du timbre sur Oradour sur Glane - Raoul Serres..

Le 11, puis le 12 juin, des groupes de SS reviennent à Oradour pour enterrer les cadavres et rendre leur identification impossible, reproduisant une pratique usuelle sur le front de l’Est tandis que la 2e division de Panzer SS Das Reich, dont le nom est à jamais lié à ce massacre, se met en route en direction de la Normandie, comme si rien ne s’était passé. Elle terminera son périple sanglant en 1945 dans les plaines de Hongrie et sera complètement anéantie en tentant de stopper l’avancée soviétique.

Timbre - 22ème anniversaire du massacre d'Oradour-sur-Glane : le monument aux martyrs.

Il y aura au total 642 victimes : 205 enfants (le plus jeune avait sept jours), 240 femmes et 197 hommes ; le massacre méthodique, glaçant et ignoble d’Oradour-sur-Glane est devenu l’un des symboles de la barbarie nazie. Il s’agit du plus grand massacre de civils commis en France par les armées allemandes. Peu d’habitants ont survécu au massacre ; six survivants sortiront de ce carnage, ainsi qu’une trentaine de rescapés qui avaient réussi à se cacher. De l’église, seule Marguerite Rouffanche, âgée de 47 ans, parvient à échapper miraculeusement à la tuerie par un vitrail brisé derrière le maître-autel. Parmi les hommes, 5 survivants parviendront à s’échapper de la grange Laudy et qui malgré de graves blessures, devront leur salut à une bonne connaissance des lieux. Ce crime abominable soulevera l’indignation du monde entier “Oradour-sur-Glane est le symbole des malheurs de la patrie. Il convient d’en conserver le souvenir, car il ne faut plus jamais qu’un pareil malheur se reproduise” Général de Gaulle - 4 mars 1945

Timbre - Résistance.

Aujourd’hui le village tel qu’il est resté le 10 juin 1944. L’histoire s’est arrêtée brutalement. C’est un monument historique et un symbole de l’horreur de la barbarie nazi. Alors que la France est libérée, il est déclaré village martyr. Un nouveau bourg sera construit à quelques centaines de mètres de là et les premiers habitants y emménageront en 1953. Oradour un symbole que la France partage avec les Allemands : il est important de garantir le devoir de mémoire et reconnaître ce qui s’est passé. Pour ne jamais oublier le massacre qui fut commis le 10 juin 1944, un Centre de la mémoire a été créé en 1999. Le 4 septembre 2013, le président français François Hollande le Président de la République fédérale d’Allemagne, Joachim Gauck étaient à Oradour-sur-Glane pour commémorer le massacre perpétré par des SS le 10 juin 1944. Devant les ruines, ils ont réaffirmer que nos 2 pays ne voulent plus jamais voir une telle barbarie. Depuis le 3 juillet 2018 et après 4 ans de recherches 532 des victimes de ce massacre ont désormais un visage et leurs portraits sur porcelaine ont été encadrés au Centre de la mémoire.





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