Le Port Payé.

Durant une longue période, l’affranchissement préalable des lettres ne fit aucun progrès, la majorité des courriers sont expédiés en port dû. Le poids du courrier et la distance parcourue servaient au calcul du port et ce dernier était réclamé au destinataire. La taxe des lettres en port dû est généralement indiquée au recto de la lettre. Cet usage du paiement a l’arrivée donnait l’assurance que le salaire du messager correspondait réellement à un service effectué. Nous pouvons à ce sujet citer Mr. Eugène Vaillé (1), qui dans son « Histoire du timbre poste » formule cette hypothèse somme toute assez logique: « La raison, c’est, probablement que s’agissant de rémunérer un service rendu, il n’était pas sage d’en acquitter le prix avant d’être certain de son accomplissement, le transporteur se montrant d’autant plus attentif à livrer un envoi, qu’il avait à en percevoir, au moment de sa remise, le prix du transport. »

Dès le début du XVIIIème siècle, de nouvelles marques apparaissent sur le courrier notamment celles qui indiquent que le courrier a bien été affranchie avant expédition. (Dans ce cas la taxe est inscrite au verso). Parmi les nombreuses marques postales une seule est représentative du timbre poste: c’est la marque postale de Port Payé ou « P.P ». Les services officiels sans budget prévus à cet effet ne pouvaient se permettre de payer les courriers qu’ils recevaient (courriers en port dû) C’est pourquoi les lettres adressées aux organismes officiels (administrations, avocats, ecclésiastiques) se devaient d’être affranchies dès l’envoi. Sinon elles étaient refusées. Une autre catégorie de courrier était en Port payé. Ce sont les courriers à destination de l’étranger: le port devait être payé jusqu’à la frontière ou jusqu’à Paris.

A l’origine les marques de port payé étaient manuscrites, les mots Franc, franco et port payé étaient porté sur les plis par les directeurs des bureau de poste ou par leurs commis. Ce travail devenant fastidieux ceux ci imaginèrent donc l’emploi de cachets d’abord en bois puis ensuite en métal. De nombreuses marques postales concernant les courriers en Port Payé virent le jour. Les décorations très nombreuses de ces marques postales de port payé peuvent faire l’objet d’études très intéressante.

Marque de Port payé P P surmonté d'un bonnet phrygien.
Marque de Port payé P P surmonté d’un bonnet phrygien.

Lettre en Port payé P12P AIX pour Paris avec « P P surmonté d’un bonnet phrygien » du 8 Brumaire an 8 de la république. Cette marque fut apposée par le service du tri, sur les lettres à destination de Paris ou transitant par Paris. Cette marque postale de contrôle était avant les évènements révolutionnaire surmonté d’une fleur de Lys et ce jusqu’en 1792.

Lettre expédié en Port Payé de Versailles pour Paris ( P72P Versailles )
Lettre expédié en Port Payé de Versailles pour Paris ( P72P Versailles )

Lettre expédié en Port Payé de Versailles pour Paris du 21 mars 1812. ( P72P VERSAILLES ). C’est l’Assemblée constituante qui par la loi du 16 janvier 1790 attribue un numéro d’ordre au départements nouvellement constitués. L’administration des Postes pour se conformer à la loi se voit obliger de regraver tous les timbres d’origine linéaires avec le numéro du département indiqué au dessus du nom du lieu. La marque PsPs est l’abréviation de Port Payé jusqu’à Paris et pour Paris.

Toutes ces marques de port payé sont les véritables ancêtres du timbre poste tel que nous le connaissons. Certes sous une forme primitive mais ces marques postales constatent comme le timbre l’affranchissement préalable pour l’envoi d’un courrier.

(1)Eugène Vaillé: (né le 10 août 1875 à Bédarieux et mort en 1959 à Riols. Historien postal français et premier conservateur du musée postal de France, actuel musée de La Poste, de 1946 à 1955. Il écrivit entre autres « Histoire générale des Postes françaises » en 7 volumes aux éditions des Presses universitaires de France.

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