Le parc national des Everglades en Floride aux Etats-Unis.

samedi 5 novembre 2016
par  Djclone

Avec 611 000 hectares, le parc national des Everglades, dans le sud de la Floride, est le plus vaste milieu naturel subtropical des U.S.A. et qui s’est formé il y a 100 000 ans environ. Les Everglades sont un lent système mouvant de rivières qui coulent vers le sud-ouest à environ 400 mètres par jour. Les Everglades ont une immense capacité de stockage de l’eau, en raison du calcaire perméable présent dans le sol qui agit comme une éponge. La majorité de l’eau provient des précipitations.En s’évaporant, l’eau provoque les averses qui touchent les villes, fournissant ainsi un approvisionnement en eau douce.

Timbre - Le parc national de Everglades en Floride.
Timbre - La carte de la Floride.

Visité par environ un million de personnes par an, le parc a été déclaré réserve de biosphère internationale en 1976, il est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979 et il a également été classé zone humide d’importance internationale en 1987. A l’inverse de la plupart des autres parcs nationaux des U.S.A, le parc national des Everglades a été créé pour protéger un écosystème fragile et non pour des raisons géographiques.

Timbre - Les Everglades patrimoine mondial de l'UNESCO.

La Flore

Le parc contient le plus grand écosystème de mangrove du continent américain et les hammocks - boisements naturels denses formés d’arbres feuillus qui se développent dans un environnement marécageux - sont souvent les seules zones de terre ferme dans le parc. Les arbres de la mangrove, qui prospèrent dans l’eau salée ou saumâtre, constituent la principale défense de la Floride, face à la force destructrice des ouragans et grâce à leur forte résistance aux vents, aux grandes marées, aux hautes températures et aux sols boueux, en absorbant l’eau et en empêchant l’érosion côtière. Les hammocks sont dominés par de grands chênes des marais, des séquoias, des pins et des cyprès qui forment une canopée sous laquelle les animaux prospèrent au milieu des buissons de café sauvage, d’indigo berry blanc (plante typique des Everglades), d’arbres empoisonnant (arbre originaire d’Asie) et de choux palmiste.

Timbre - La faune et la Flore du Sud de la Floride.Version Haute définition de ce bloc de timbre représentant l’écosystème des Everglades.

Timbre - La Florida ou la beauté de la Flore de Floride.

Ainsi, les mammifères, tels l’opossum, le raton laveur, le lapin des marais, le cerf de Virginie, les écureuils et les mouffettes vivent dans les feuillus des hammocks.

Timbre et carte postale - Raton laveur dans les everglades.

La végétation aux pieds des hammocks, constituée de mousses espagnoles, de fougères, de succulentes, d’orchidées, etc… est presque impénétrable. Elle représente un habitat idéal pour les animaux qui vivent cachés : reptiles (serpents et anoles), amphibiens (rainette verte d’Amérique, tortue verte) et alligators.

Timbre - Le cornouiller à fleurs de Floride.

D’autres arbres existent dans le parc : tamariniers et gumbo-limbos sauvages qui dépassent très rarement les 15 mètres de haut à cause du vent et de la foudre.

Enfin, les palmiers abondent dans les grandes plaines marécageuses. Ils représentaient, autrefois, de véritables abris pour les provisions des populations amérindiennes lors des intempéries.

Timbre - Pygargue à tête blanche.

Des oiseaux tels la chouette rayée, le pic, le cardinal ou le pygargue à tête blanche nidifient dans les arbres du parc.

La Faune

36 espèces considérées comme très menacées vivent dans le parc, dont notamment :

- Environ 100 panthères de Floride qui n’ont rien à voir avec les panthères africaines

Timbre - La panthère de Floride. Timbre - Panthère de Floride Etats-Unis.

- Environ 1 000 crocodiles « américain »

Timbre - Crocodile Américain dans les Everglades.

- Environ 3 000 lamantins des Caraïbes

Timbre - Le lamantin de Floride - Trichechus manatus.

- Environ 3 100 ours noir de Floride également appelé Baribal
- des lynx roux également appelé bobcat
- des visons des Everglades

On peut également observer dans le parc :

- plus de 350 espèces d’oiseaux dont et pour ne citer que les plus connus : des pélicans, grèbes, aigrettes tricolores, goélands, sternes, éperviers, milans, coucous de mangrove, pigeons à croix blanche, dindons sauvages, ibis, hérons, martin pêcheurs d’Amérique, …

Timbre - oiseau moqueur ou mockingbird.

- environ 300 espèces de poissons d’eau douce ou salée
- plusieurs variétés de crabes, d’écrevisses, de crevettes et de mollusques
- 40 espèces de mammifères dont notamment des coyotes, des sangliers, des cerfs, des panthères, des lynx, des visons et des ours
- 50 espèces de reptiles, dont 26 espèces sont vénimeuses et d’amphibiens

Timbre - La Floride territoire du crocodile Américain.

Enfin le parc national des Everglades est le seul endroit au monde où les crocodiles « américain », en voie de disparition, coexistent de manière naturelle avec les alligators qui prolifèrent et dont le nombre, aujourd’hui, est estimé à environ 1,5 millions après qu’ils aient été réintroduits à la suite de leur disparition totale dans les années 70.

Le climat

Le climat des Everglades se caractérise par 2 saisons distinctes :

- La saison sèche débute en décembre et se termine en avril avec des températures variant entre 12 °C et 25 °C et un faible taux d’humidité. Les niveaux d’eau étant faibles à cette période, les animaux se rassemblent au centre des points d’eau ce qui en fait des lieux privilégiés pour les observer.

- La saison humide débute en mai et se termine en novembre avec des températures constamment au-dessus de 33 °C et un taux d’humidité qui dépasse les 90 %. C’est la saison des orages à répétition, des tempêtes et des ouragans dévastateurs.

Les hommes et les Everglades

Bien que des hommes aient vécu dans les Everglades durant des milliers d’années, la région ne fut pas cultivée ni urbanisée avant 1848. Les premiers peuplements humains datent de 10 000 à 20 000 ans.

Timbre - L'Art des Indiens Calusa - statue pantherede floride.

Deux tribus amérindiennes existaient alors : les Tequesta et les Calusa et 20 000 Amérindiens environ au total vivaient dans ou près des Everglades lorsque les Espagnols les découvrirent pour la première fois à la fin du 16ème siècle.

Timbre - Decouverte et établissement de l'état de Floride par les espagnols. Timbre - Ponce de Leaon et cabeza de vaca. Timbre 450eme anniversaire de la ville Sainte Augustin de la Floride.

Les Tequesta vivaient en une seule large communauté tandis que les Calusa, plus nombreux, possédaient 30 villages différents. Tequesta et Calusa utilisaient des outils fabriqués en os et en dents d’animaux, en coquillage ou en bois. Les dents de requins, par exemple, étaient utilisées pour faire des lames coupantes, tandis que les roseaux étaient aiguisés pour fabriquer des lances et des flèches. Leur alimentation était constituée de coquillages, de poissons, de petits mammifères, de gibiers et de plantes sauvages.

La société Calusa était plus évoluée et disposait d’un système de strates sociales. Les civilisations des Tequesta et des Calusa disparurent un peu avant 1800, la famine, la guerre et l’esclavage ayant éradiqué ces deux tribus.

Timbre - Art Seminole - Poupée.

Au début du 19ème siècle, des Creeks - esclaves africains évadés - et d’autres Amérindiens du nord de la Floride s’installèrent dans la région des Everglades et formèrent la nation séminole. Après la fin des guerres séminoles en 1858 qui opposèrent les Américains aux Séminoles (Première Guerre séminole de 1817 à 1818, Seconde Guerre séminole de 1835 à 1842 et Troisième Guerre séminole de 1855 à 1858), les Séminoles se retirèrent en Oklahoma. Néanmoins, quelques centaines de chasseurs séminoles s’installèrent dans ce qui est aujourd’hui la réserve nationale de Big Cypress. Quelques membres Séminoles continuent, aujourd’hui, à vivre à l’intérieur des limites du parc dans de petits villages et subsistent principalement grâce à l’artisanat et au tourisme.

Le développement des Everglades

Les écosystèmes du parc national des Everglades souffrent de l’activité humaine depuis le début du siècle passé et la restauration de ceux-ci est l’un des objectifs politiques majeur de la Floride. Il y eut de nombreuses tentatives pour drainer et développer les Everglades de 1850 à 1890 et, dans un premier temps, les canaux construits eurent une faible incidence sur l’écosystème.

Timbre - La Floride devient un Etat des Etats-Unis en 1845.

La dégradation de l’écosystème commençât en 1905 avec le drainage des Everglades initialisé par Napoleon Bonaparte Broward, gouverneur de Floride de 1905 à 1909 afin de créer « L’Empire des Everglades » puis avec la construction massive de villes sur les terres drainées et à partir, de 1920, à cause de l’augmentation démographique de la Floride du sud.

Les mangroves de la côte furent remplacées par des palmiers et le Corps des Ingénieurs de l’Armée des États-Unis commença la construction de canaux plus larges pour contrôler la montée des eaux des Everglades. Ce contrôle des crues ne fonctionna jamais, le lac Okeechobee, au nord des Everglades – 2ème plus grand lac après le lac Michigan - déborda plusieurs fois détruisant les digues construites et reconstruites à chaque fois, notamment en 1926 à la suite de l’ouragan surnommé Big slow (Grand souffle en français) et en 1928, à la suite d’un nouvel ouragan qui tua également 2 500 personnes.

L’intervention humaine : constructions trop nombreuses, détournement de l’eau des Everglades, élargissement et approfondissement des canaux et incendies provoqués par des sécheresses successives eurent un effet néfaste sur la faune et la flore et entraînèrent un déséquilibre dans les chaînes alimentaires. Alligators, grenouilles, poissons et oiseaux furent massivement chassés et les arbres furent dévastés par l’industrie du bois.

Dans les années 1940, Marjory Stoneman Douglas, qui travaillait pour le journal « The Miami Herald », mena une étude, pendant 5 ans, sur les Everglades qui aboutit à la publication d’un livre « The Everglades : River of Grass » en 1947. Elle écrivit : « Ce qui a été une rivière d’herbe et d’eau douce, qui a donné un sens à la vie et un caractère unique à cet énorme espace géographique à travers les siècles, dans lequel l’homme n’a pas sa place, a été transformé, dans un geste chaotique et empli d’ignorance et de folie, en une rivière de flammes. »

500 000 exemplaires de l’ouvrage furent vendus et l’investissement de Douglas pour cette cause écologique lui valut les surnoms de « Grande Dame des Everglades » et de « Grand-mère des Everglades ». Elle mourut en 1998, à l’âge de 108 ans.

Timbre - Le pélican oiseau du parc national des Everglades.

L’espoir des Floridiens de préserver les Everglades débuta avec la proposition d’en faire un parc national. La chambre des représentants autorisa la création de ce nouveau parc le 30 mai 1934 et il fut inauguré par le président Harry Truman, le 6 décembre 1947, un mois après la publication du livre de Marjory Douglas.
La même année, plusieurs tempêtes tropicales frappèrent le sud de la Floride, incitant à la construction de 2 300 km de canaux, de 150 écluses et déversoirs et de 16 stations de pompage afin de renvoyer les surplus d’eau vers l’océan.

Décision fût prise en 1972 seulement, de freiner le développement du sud de la Floride et le corps des ingénieurs cessa de bâtir canaux et barrages.

Timbre - Pelican de Floride

Le 13 décembre 1989, George H. W. Bush signa le « Everglades National Park Protection and Expansion Act » (« Acte de protection et d’expansion du parc national des Everglades ») qui octroya 443,16 km2 supplémentaires à la partie orientale du parc. Il décida de fermer le parc aux hydroglisseurs et il ordonna que le parc soit géré dans le but d’y : « maintenir l’abondante naturalité, la diversité et l’intégrité écologique de la faune et de la flore, ainsi que le comportement des animaux dans leur écosystème ». Bush ajouta dans sa déclaration : « Grâce à cette loi, cette rivière d’herbe va pouvoir retrouver son débit d’eau naturel. ».

Le parc fut malgré tout inscrit, en 1993, sur la liste du patrimoine mondial en péril.

Timbres - Espèces d'animaux des Everglades en danger.

En 2000, le Congrès proposa un plan, le « Comprehensive Everglades Restoration Plan » (CERP), pour préserver, restaurer et protéger l’écosystème sud-floridien tout en répondant aux besoins de la région en eau. Ce plan se veut la plus vaste opération de restauration environnementale de l’histoire. Le CERP fut chargé de l’achat de 840 km2 de terres pour un coût d’un milliard de dollars et une dépense de 10,5 milliards sur 30 ans, pour financer 50 projets distincts dans un délai de 5 ans était prévue. Si l’État de Floride ne respectait pas les délais fixés par le CERP, la justice fédérale était en mesure de cesser le financement des projets de restauration. Grâce à ces projets, les Everglades furent retirées de la liste du patrimoine mondial en péril en 2007.

Timbre - Le drapeau de la Floride.

Cependant, la Floride continue d’attirer environ 300 000 nouveaux résidents chaque année, et la construction de zones résidentielles, commerciales ou industrielles proche du parc perturbe l’équilibre de l’eau et des écosystèmes. Les experts disent que : « L’empiètement des résidences et du développement commercial a précipité la chute libre de précieux écosystèmes, et si l’humanité ne fait pas marche arrière, il ne restera plus rien du plus incroyable trésor de ce pays. »

Timbre - Okefenokee swamp une zone humide au nord de la Floride.

La montée du niveau de l’eau, provoquée par le réchauffement climatique, est une des autres menaces pour l’avenir du parc. Selon une estimation, d’ici 500 ans, les habitats d’eau douce des Everglades auront été envahis par l’eau salée, ce qui ne laissera intacte que la partie nord du parc.

Timbre - Le Niaouli

De plus, l’introduction, au siècle passé et pour aider le drainage de l’eau, d’espèces étrangères tels le niaouli (arbre originaire d’Australie et de Nouvelle-Calédonie), est une des causes de la destruction de la plupart des espèces végétales, destruction qui aboutit à des zones marécageuses desséchées. Il en est de même avec le faux-poivrier brésilien, très difficile à éliminer, qui a envahi le parc et qui est en concurrence avec les plantes dont se nourrissent habituellement les animaux. Enfin l’introduction de pythons birmans qui mesurent facilement 6 mètres de long s’avère très dangereuse pour la survie d’autres mammifères et reptiliens (alligators par exemple) que ce python dévore.



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